Après son entrée en Suisse par Genève (1736), Lausanne (1739) et Zurich (1740), la franc-maçonnerie fit sa première apparition officielle en terre neuchâteloise en 1743 avec la Loge Aux Trois Etoiles flamboyantes, fondée à Neuchâtel par Jacob Perret-Gentil, maire de La Chaux-de-Fonds. Placée sous l'obédience de la Grande Loge Aux Trois Globes de Berlin, elle s'éteignit vers 1760 déjà et l'on ne sait pratiquement rien d'elle ni de ses membres.
Mais les francs-maçons n'avaient pas pour autant disparu de la principauté. Entre les influences émanant de l'entourage maçonnique du Roi de Prusse, Frédéric le Grand, lui-même franc-maçon, et les Loges frontalières françaises, la franc-maçonnerie n'allait pas tarder à reprendre pied officiellement sur le sol neuchâtelois, au Locle plus précisément, où la Loge Les Vrais Frères Unis tiendra sa première séance protocolée le 2 octobre 1774. Sa lettre de constitution lui avait été octroyée par la Grande Loge de France. Mais, cette Grande Loge était considérée comme irrégulière face à la seule autorité reconnue compétente, le Grand Orient de France. Les Maçons Loclois durent donc se mettre en quête d'une nouvelle patente de constitution auprès du Grand Orient, par l'entremise de leurs Frères et amis de la Loge régulière La Sincérité de Besançon, notamment le Vénérable Mathérot de Romange, chantre et chanoine à l'église Sainte-Madeleine. Et la nouvelle installation de la Loge locloise eut lieu en août 1781.
Depuis cette période, les liens d'amitié qui s'étaient établis entre les Frères de la Loge de Besançon, devenue aujourd'hui Sincérité, Parfaite Union et Constante Amitié Réunies, et ceux de la Loge du Locle ne furent jamais rompus et se sont même étendus aux Loges de Neuchâtel et de La Chaux-de-Fonds. En effet, les francs-maçons du Littoral, de même que ceux de La Chaux-de-Fonds et du Vallon de Saint-Imier, se retrouvaient à l'époque à la Loge du Locle. Mais l'éloignement géographique ajouté aux difficultés d'accès, surtout en hiver, incita à la longue ces différents Frères à fonder leur propre Loge dans leurs régions respectives: ceux du Littoral à Neuchâtel en 1791 (Loge Frédéric-Guillaume La Bonne Harmonie); ceux de La Chaux-de-Fonds en 1819 (Loge L'Amitié) avec ceux du Vallon de Saint-Imier, qui quittèrent à leur tour la Loge de La Chaux-de-Fonds en 1883, pour fonder la Loge Bienfaisance et Fraternité à Saint-Imier.
Fondation de la Loge L'Amitié à La Chaux-de-Fonds